Une vache Jersey en lait produit 55 % moins de phosphore (P2O5) dans son fumier que les autres races laitières. Ce fait est reconnu par le gouvernement du Québec, tel que décrit dans la Loi sur la réglementation de la qualité de l'environnement sur les exploitations agricoles (chapitre Q-2, r.26), et représente une incroyable opportunité pour les producteurs laitiers d’administrer efficacement leur plan agro-environnemental tout en maximisant la taille de leur troupeau.
Les agriculteurs dans tout le pays travaillent avec diligence pour maintenir des plans agro-environnementaux efficaces. Pour les producteurs laitiers, ceci inclut l'épandage de fumier sur les terres cultivées pour assurer un cycle nutritif continu: les nutriments sont transportés du champ à l’étable pour l'alimentation, puis le fumier est retourné dans les champs.
Les trois principaux éléments nutritifs dans la production végétale sont l'azote, le phosphore et le potassium. Le phosphore est un élément essentiel pour une production végétale et animale rentable. Le sol contenant du phosphore en quantité adéquate améliorera la qualité des cultures, augmentera la croissance des racines, amènera les cultures à maturité plus tôt et la production de grain sera supérieure. En général, cependant, l'épandage de fumier est basé sur les besoins d'une culture en azote, ce qui tend à entraîner un excès de phosphore et de potassium étendu au sol en raison d'un déséquilibre entre la teneur en éléments nutritifs fournis par le fumier et les besoins nutritionnels de la culture.
Le ruissellement agricole est un facteur connu de l'excès de phosphore qui a fait son chemin dans les eaux de surface et provoque une augmentation de la croissance des algues, appelé eutrophisation.
Le phosphore intégré dans les premiers 5 cm de sol ruisselle dans les cours d'eau de surface, ou est porté par l'eau qui s'infiltre dans le sol jusqu’aux eaux souterraines. L’eutrophisation limite la pénétration de la lumière dans le système d'eau, épuise le carbone organique dissous et augmente les niveaux de pH pendant la journée. Finalement, les proliférations d'algues denses meurent et se décomposent, appauvrissant l'oxygène dissous dans l'eau. Les méthodes de préparation écologique des sols, la gestion des résidus de culture, les bandes tampons, les zones riveraines, les cultures de couverture et les bassins de décantation sont toutes des méthodes que les producteurs peuvent utiliser pour réduire le ruissellement agricole et augmenter la résistance du sol à l'érosion.
Une autre technique de gestion des éléments nutritifs importants est appelée la gestion à la source. Cette technique permet aux producteurs de minimiser l'accumulation de phosphore dans le sol, tout en optimisant les niveaux de croissance des cultures. Il s'agit de l'ajustement du programme d'alimentation à la ferme pour répondre aux besoins alimentaires des vaches pour le phosphore, tout en minimisant le rejet de phosphore dans le fumier. La teneur en éléments nutritifs du fumier de bovins laitiers est affectée par un certain nombre de facteurs, y compris l'alimentation, le type de stabulation et le système de litière, la méthode de stockage de fumier, et le type de système d'épandage du fumier.
La taille relativement petite de la Jersey, combinée à une plus grande production de lait par unité de poids corporel résulte en environ 55 % moins de phosphore par kilogramme de fumier, par rapport aux six autres races laitières.
Au Québec, la Loi sur la qualité de l'environnement exige que les amas de fumier solide à proximité de bâtiments agricoles ne doivent pas contenir plus de 1600 kg de phosphore par an (article 9.3 , Loi sur la qualité). Le Ministère du Développement durable, Environnement et Lutte contre les changements climatiques du Québec reconnaît la production réduite de phosphore de la Jersey par rapport aux autres races de bovins laitiers. Par conséquent, considérez cet exemple de la taille du troupeau selon la race afin de répondre à la limite de 1600 kg de phosphore:
Loi sur la qualité de l’environnement – Production annuelle de phosphore (P2O5)
| Catégorie | P2O5 / place animale (kg)2* | % du troupeau | # total de têtes | Production totale de P2O5 (kg) |
| Vache laitière (AY, BS, GU, HO, MS) et son veau de 11 jours | 51.8 | 52% | 22 | 1129 |
| Taure laitière (AY, BS, GU, HO, MS) + de 15 mois jusqu’à la première lactation | 32.3 | 25% | 10 | 339 |
| Génisse laitière (AY, BS, GU, HO, MS) de 12 jours à 15 mois | 13.7 | 23% | 10 | 132 |
| Total | | | 42 | 1600 |
| Vache Jersey et son veau de 11 jours | 23.4 | 52% | 48 | 1129 |
| Taure Jersey + de 15 mois jusqu’à la première lactation | 14.6 | 25% | 23 | 339 |
| Génisse Jersey de 12 jours à 15 mois | 6.2 | 23% | 21 | 132 |
| Total | | | 93 | 1600 |
| Vache Canadienne et son veau de 11 jours | 47.1 | 52% | 24 | 1129 |
| Taure Canadienne + de 15 mois jusqu’à la première lactation | 29.4 | 25% | 12 | 339 |
| Génisse Canadienne de 12 jours à 15 mois | 12.5 | 23% | 11 | 132 |
| Total | | | 46 | 1600 |
Source: Schedule VII; Agricultural Operations Regulation, Environment Quality Act (Ch Q-2, a. 31, 53.30, 70, 109.1 and 124.1)
La production annuelle moyenne de phosphore (P2O5) acceptée pour les races laitières autres que la Jersey et la Canadienne permet un troupeau de 42 têtes maximum au total (y compris 22 vaches en lait et taries) pour répondre à la limite annuelle de 1600 kg de phosphore. Dans le même sens, un troupeau de 93 Jerseys (dont 48 vaches en lait et taries) respecte toujours cette même limite de 1600 kg. Ceci suggère qu’on peut fonctionner et adhérer à la Loi sur la qualité de l'environnement du Québec avec un troupeau Jersey deux fois plus grand, sans frais supplémentaires de construction et d'entretien d'une installation d'entreposage de fumier.
Les Jerseys profitent de leur petite taille et offrent une production de lait haut en composantes, avec efficacité, profitabilité et opportunité, tout en produisant moins de phosphore! EN SAVOIR PLUS